Une nouvelle collection PUF-CNED pour préparer l'agrégation
Un article de Puf.
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> Édition 2007 : l’agrégation de lettres avec 5 ouvrages.
A mi-chemin entre érudition et vulgarisation, la série d’ouvrages publiée aujourd’hui par les PUF et le CNED se propose de donner un état de la recherche sur un auteur, à travers des approches croisées. L’esprit des volumes n’est pas celui d’actes de colloque ou d’une réunion d’articles. Le souci des coordinateurs est d’appliquer les enseignements d’une recherche exigeante et actualisée à chaque auteur, d’une manière à la fois fructueuse pour des candidats à l’agrégation et, plus largement, intéressante pour tout lecteur. L’axe pédagogique doit aller de pair avec une approche qui garde de l’agrément dans la lecture.
- Découvrez les bibliographies sélectives de PUF pour le programme de l'agrégation 2008
Du Bellay, une révolution poétique ?
En ces temps d’exception culturelle et de craintes pour la francophonie dans le monde, la vigueur conquérante des manifestes poétiques de Joachim du Bellay et de ses émules, au milieu du XVIe siècle, est riche de leçons. Il ne s’agit pas pour Du Bellay de tout traduire, de tout mettre en français. Sa préoccupation est plutôt d’intégrer au terreau culturel français les apports de traditions antiques ou contemporaines alors prestigieuses, mais surtout pleines de suc et de sève, afin d’en nourrir, d’en fortifier, d’en amplifier notre pensée et notre langage.
Ce volume, conçu pour répondre aux besoins des agrégatifs de Lettres classiques et modernes, comporte deux volets complémentaires : l’un, thématique, retrace les caractéristiques essentielles des deux ouvrages étudiés (La Deffence, et Illustration de la Langue Françoyse et L’Olive) et les principales préoccupations ou sources d’inspiration de l’auteur ; l’autre, fonctionnel, présente des éléments de méthodologie illustrée pour les différentes épreuves des concours (dissertation, leçon, étude littéraire, étude grammaticale, explication de texte et question de grammaire, avec un exemple par type d’exercice).
- Auteur d’une thèse de littérature sur « L’ironie et l’humour chez Montaigne » (Paris III-Sorbonne Nouvelle), ancien Research Assistant à Harvard University, Bruno Roger-Vasselin est coordinateur du département des formations au Cned (Institut de Vanves).
Verlaine, première manière
En quête du moderne, Verlaine témoigne, dès la parution de Poëmes saturniens (1866), d’un sens profond de l’innovation et de l’expérimentation. Figure éminente du Parnasse, et partisan de l’autonomie de l’art, dont il livre une interprétation très personnelle, il se détache rapidement dans Fêtes galantes (1869) des modèles romantiques qui dominent encore le champ de la création. Romances sans paroles (1874), écrit à l’époque de la rencontre avec Rimbaud, jette les fondements d’une nouvelle poétique, dont se nourrira en partie le symbolisme. Mais la « première manière » de Verlaine, c’est aussi une écriture résolument engagée, qui se place dans le camp républicain, favorable même au socialisme révolutionnaire.
Ainsi, l’enjeu poétique chez Verlaine est à la fois éthique et politique. C’est ce qui fait sa force critique. Les cinq spécialistes réunis dans cet ouvrage tentent d’en rendre compte par-delà les trop nombreux stéréotypes qui encombrent encore la lecture du poète. Outre l’éclairage historique, nécessaire à la compréhension des principes esthétiques et formels de l’œuvre, ils proposent une analyse détaillée et approfondie de chaque recueil. Une série d’exercices techniques, plus spécifiquement destinés à la préparation des agrégations de Lettres (dissertation, explication de texte, étude grammaticale…), clôt cette tentative d’écoute de la « première manière » de Verlaine.
- Spécialiste de Verlaine, Arnaud Bernadet est maître de conférences à l’Université de Franche-Comté (Besançon).
Diderot, l’expérience de l’art
Organisées par l’Académie royale de peinture et de sculpture, les expositions bisannuelles ont été pour Diderot l’occasion d’affiner sa pensée de l’art et de s’exercer à la critique artistique, genre qu’il n’a pas inventé mais auquel il a donné un rare éclat poétique.
Cette étude interdisciplinaire (littéraire, philosophique, linguistique) de ses trois premiers Salons (1759, 1761, 1763) et de ses Essais sur la peinture, d’abord destinée aux candidats au concours de l’agrégation de Lettres, présente aussi l’intérêt de montrer l’élaboration d’un genre, le Salon, au cœur du dialogue entre arts du visible et du dicible. Les auteurs analysent comment Diderot ancre sa réflexion dans une philosophie de la nature, définit ses règles de jugement et expérimente une écriture. Une iconographie originale complète cette approche de sa manière singulière de donner vie et mouvement à la peinture.
- Geneviève Cammagre, spécialiste de Diderot, est maître de conférences à l’Université de Toulouse-Le Mirail.
- Carole Talon-Hugon est professeur de philosophie à l’Université de Nice.
La misanthropie au théâtre
Misanthropie : haine des hommes (éthique), affections passionnelles (phénoménologie), aversion ou répulsion profonde (physique et/ou physiologique), repli sur soi ou retraite dans le désert (sociologie), ambivalences du discours et de l’échange, reproches ou récriminations (rhétorique)…
Aborder la misanthropie au théâtre, c’est envisager une approche croisée des disciplines, posant des questions à la scène (en tant que spectacle, art vivant et représentation collective), mais aussi à la littérature, dont l’étude de chacun des auteurs au programme de l’agrégation de Lettres 2008 (Ménandre, Shakespeare, Molière et Hofmannsthal) rend extrêmes les modalités esthétiques qui sous-tendent cette espèce d’humeur.
Le présent volume offre une réflexion argumentée et précise, étayée par des exemples et prolongée par une réflexion transversale montrant les liens possibles entre les quatre auteurs étudiés. Sont également présentés plusieurs exercices concrets : une dissertation entièrement rédigée ainsi que des commentaires composés portant sur chacune des œuvres au programme.
- Frédérique Toudoire-Surlapierre est maître de conférences en littérature comparée à l’Université de Franche-Comté.
Julien Gracq, les dernières fictions
Le « récit » d’Un balcon en forêt et les nouvelles de La Presqu’île, derniers textes fictionnels de Julien Gracq, se distinguent des romans précédents par la présence sensible d’un référent réel et une composition narrative qui tend à la dispersion. Ces œuvres appellent donc une approche littéraire et linguistique particulière, d’autant qu’elles posent le problème inhérent à tout récit poétique, entre prose poétique et construction romanesque.
Le présent volume comporte un cours et des exercices corrigés conçus pour aider les étudiants à préparer le concours de l’agrégation. Le cours, axé sur les caractéristiques poétiques et descriptives de l’écriture gracquienne, fait état de l’émergence d’une dimension « réaliste » dans ses dernières œuvres de fiction. Il propose une analyse du statut du réel dans le récit poétique, analyse tournée chez Julien Gracq vers l’abandon de la fiction et le choix d’écrits fragmentaires d’inspiration autobiographique.
- Marianne Lorenzi, ancienne élève de l’École normale supérieure, est maître de conférences à l’Université Paris-IV.
Rotrou, dramaturge de l’ingéniosité
À la triade des grands dramaturges du XVIIe siècle français (Corneille, Racine, Molière), il faut ajouter au moins un nom, celui de Jean Rotrou (1609-1650). Admiré de Stendhal et de Julien Sorel pour ses répliques sublimes, salué par Gustave Lanson dans son Histoire de la littérature française comme le seul de son siècle à pouvoir être comparé à Shakespeare, Rotrou est aujourd’hui considéré comme le dramaturge le plus représentatif du théâtre baroque français. Mais son œuvre vaste et variée (trente-cinq tragédies, comédies ou tragi-comédies) reste encore largement à découvrir.
À partir de l’exemple de trois pièces (Antigone, Venceslas, Le Véritable Saint Genest), cet ouvrage offre une introduction à une œuvre qui pourrait prendre pour devise cet « Étonnez-moi ! » par lequel Cocteau a formulé la tâche du vrai poète. Il propose de lire l’œuvre de Rotrou comme celle d’un « conceptiste » français et la restitue dans la « modernité » poétique dont est issu ce qu’on appelle le classicisme.
- Jean-Yves Vialleton et Stéphane Macé sont maîtres de conférences à l’Université Stendhal-Grenoble III et membres de l’équipe de recherche sur la rhétorique de l’Antiquité à la Révolution (RARE).

