Textes de philosophie politique
Un article de Puf.
En complément à son ouvrage Philosophie politique (XIXe-XXe siècles), Guillaume Sibertin-Blanc vous propose des extraits de textes de philosophie politique.
Le fondement de l'État: souveraineté et ordre juridique
Révolution et réactions contre-révolutionnaires
- Edmund Burke, Sur la Révolution arrivée en France, 1790, tr. par le Baron de B***
Révolution et réactions libérales
- Benjamin Constant, Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs, 1806, chapitre I : « De la souveraineté du peuple »
- Benjamin Constant, De la liberté des anciens comparée à celle des modernes, 1819
- François Guizot, Des moyens de gouvernement et d’opposition dans l’état actuel de la France, 1821
La fondation de l'État: peuple et nation
L'État-nation: entre refondation politique et création d'une tradition révolutionnaire
- Emmanuel-Joseph Sieyès (1748-1836), Qu’est-ce que le Tiers-État ?, 1788, chapitre I : « Le Tiers-état est une Nation complète »
L'État dans l'histoire, l'histoire dans l'État: le cercle national
- Jules Michelet, Introduction à l'histoire universelle, 1834
- Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation ?, 1882
Expansion du paradigme national et crises de l'État-nation
- Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme, t.II, L’impérialisme, (1951-1958), trad. M. Leiris, Paris, Fayard, rééd. Seuil, 1997, ch. 5 : « Le déclin de l’État-nation et la fin des Droits de l’Homme », p. 250-251.
« La signification réelle des Traités sur les Minorités [signés au lendemain de la Première Guerre mondiale] ne réside pas dans leur application pratique, mais dans le fait qu’ils étaient garantis par un organisme international, la Société des Nations.[…]
Les Traités sur les Minorités disaient textuellement ce qui jusque-là n’était resté qu’implicite dans le système de fonctionnement des États-nations, à savoir que seuls les nationaux pouvaient être des citoyens, que seuls les gens d’une même origine nationale pouvaient bénéficier de l’entière protection des institutions légales, qu’il fallait appliquer une quelconque loi d’exception aux personnes de nationalité différente jusqu’à ce que – ou à moins que – ils ne fussent complètement assimilés et eussent renié leurs origines. »
- Étienne Balibar, Droit de cité, 1998 : « Une citoyenneté européenne est-elle possible ? »
La raison de l'État: politique et société
De la critique politique à la critique du politique
- Karl Marx, Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel, 1843
Entre économie et politique: le paradigme de l'État libéral
De la science camérale à l'économie politique: État de bien-être, État de droit, État libéral
- Frédéric Bastiat, L’État, 1848
- Frédéric Bastiat, De l’influence des tarifs français et anglais sur l’avenir des deux peuples, 1844
Les réactions socialistes
- Bazard Enfantin, Doctrine de Saint-Simon. Exposition Ire année, 1828-1829, 6ème Séance
- Pierre Leroux, Discours à l’Assemblée Constituante, 30 août 1848.
Contre « l'éternel saint-simonisme »: néolibéralisme et État minimal
- Friedrich Hayek, Droit, législation et liberté, t. III, L’Ordre politique d’un peuple libre, 1979, chapitre 18 : « Le pouvoir contenu et la politique détrônée » ; section « État et société »
- Friedrich Hayek, Droit, législation et liberté, t. III, L’Ordre politique d’un peuple libre], 1979, chapitre 18 :« Le para-gouvernement des intérêts organisés et l’hypertrophie du pouvoir politique »
- Friedrich Hayek, Droit, législation et liberté, t. III, L’Ordre politique d’un peuple libre, 1979, chapitre 18 :« La politique détrônée »
Sciences du social et État social
Durkheim, sociologue politique: une théorie sociale-libérale de l'État
- Émile Durkheim, L’État, ~1900-1905
Figures de l'État social: services publics, droit social, république solidariste
- Léon Bourgeois, Solidarité, 1896, chapitre I : « Évolution des idées politiques et sociales, §I
- Léon Bourgeois, Solidarité, 1896, chapitre III : « Doctrine pratique de la solidarité sociale », §III
L'État bureaucratique
Bureaucratie et luttes des classes: l'État-machine
- Karl Marx, Le Dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte, 1852, 2è éd. 1869, chapitre VII.
L'État total
Politique, droit, société: l'État total
Jean-François Kervégan, Hegel, Carl Schmitt, Le politique entre spéculation et positivité (1992),1re partie, chapitre IV: « l'État total »
Masse et parti: le mouvement totalitaire
- Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme,t. III, Le Système totalitaire (1951-1958), Paris, Seuil, 1972, 1re partie, chapitre IV : « Une société sans classe », p. 47.
« Les mouvements totalitaires sont des organisations massives d’individus atomisés et isolés. Par rapport à tous les autres partis et mouvements, leur caractéristique la plus apparente est leur exigence d’une loyauté illimitée, inconditionnelle et inaltérable, de la part du militant individuel. Cette exigence est formulée par les chefs des mouvements totalitaires avant même qu’ils ne prennent le pouvoir. D’ordinaire, elle précède l’organisation du pays sous leur autorité effective. Elle découle de la prétention de leurs idéologies à englober, en temps voulu, dans leur organisation, l’ensemble du genre humain. Là, cependant, où la domination totalitaire n’a pas été préparée par un mouvement totalitaire (tel fut le cas de la Russie, par opposition à l’Allemagne nazie), il faut organiser le mouvement après coup, et créer artificiellement les conditions de son développement, afin de rendre possible la loyauté totale – base psychologique de la domination totale. On ne peut attendre une telle loyauté que de l’être humain complètement isolé qui, sans autres liens sociaux avec famille, amis, camarades ou simples connaissances, ne tire le sentiment de son utilité que de son appartenance à un mouvement, à un parti.»
Économie et guerre totale: l'État suicidaire
- Gilles Deleuze, Félix Guattari, Mille plateaux, Paris, Minuit, 1980, p. 582-583
« Les États dans leur histoire n’ont cessé de s’approprier la machine de guerre ; et c’est en même temps que la guerre, dans sa préparation et son effectuation, devenait l’objet exclusif de la machine, mais comme guerre plus ou moins « limitée ». Quant au but, il restait le but politique des États. Les différents facteurs qui tendirent à faire de la guerre une guerre « totale », et notamment le facteur fasciste, marquèrent le début d’une inversion de ce mouvement : comme si les États, après la longue période d’appropriation, reconstituaient une machine de guerre autonome, à travers la guerre qu’ils menaient les uns contre les autres. Mais cette machine de guerre libérée ou déchaînées continuait à avoir pour objet la guerre en acte, en tant que guerre devenue totale, illimitée. Toute l’économie fasciste devenait économie de guerre, mais l’économie de guerre avec encore besoin de la guerre totale en tant qu’objet. Dès lors, la guerre fasciste restait sous la formule de Clausewitz, « continuation de la politique avec accompagnement d’autres moyens », bien que ces autres moyens devinssent exclusifs, ou que le but politique entrât en contradiction avec l’objet (d’où l’idée de Virilio que l’État fasciste était un État « suicidaire » plus que totalitaire). »
L'État en révolution
État et révolution dans le marxisme-léninisme
- Karl Marx, Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, 1847, chapitre II : « Prolétaires et communistes ».
- Karl Marx, La Guerre civile en France, 1870-1871, 3e partie.
Le parti et l'État dans la révolution
- Lénine, La Catastrophe imminente et les moyens de la conjurer, septembre 1917.
- Lénine, Que faire ?, 1905, partie III : « Politique trade-unioniste et politique social-démocrate » ; « a) L’agitation politique et son rétrécissement par les économistes »
- Lénine, Que faire ?, 1905, partie IV : « Le travail artisanal des économistes et l’organisation des révolutionnaires ; « c) L’organisation des ouvriers et l’organisation des révolutionnaires »
Crise dans la pensée révolutionnaire, pensée critique de l'État
- Nicos Poulantzas, L’État, le pouvoir, le socialisme(1978), 2e partie : « Les luttes politiques : l’État, condensation d’un rapport de forces »; chapitre 1 : « L’État et les classes dominantes »
- Nicos Poulantzas, L’État, le pouvoir, le socialisme(1978), 1e partie : « La matérialité institutionnelle de l’État » ; chapitre 4 : « La nation » ; section III : « La nation et les classes »
- Étienne Balibar, Droit de cité, 1998 : « De la préférence nationale à l’invention de la politique ».

